Alors qu'il tentait depuis dimanche dernier une "première", la traversée de la mer de Béring en kayak entre la côte ouest de l'Alaska et la Sibérie, Jean-Gabriel a dû être secouru samedi en pleine tempête par un hélicoptère des Gardes Côtes américains qui l'a hélitreuillé. Il a dû abandonner son kayak alors qu'il se trouvait à une quarantaine de kilomètres de l'île Saint-Lawrence, au sud du détroit de Béring. Il a été ramené à Nome, ville du nord de l'Alaska, où il a été brièvement hospitalisé pour hypothermie et épuisement. "Cette mer respire la mort...", a-t-il dit à sa sortie de l'hopital. "Depuis Emmonak (côte ouest de l'Alaska) dimanche dernier, je n'ai pas rencontré la moindre embarcation. Je me suis battu pendant une semaine contre des vents et des courants contraires avec une eau à 5°C. Je touchais au but, je me voyais déjà sur la côte à St-Lawrence, lorsque tout à basculé vendredi soir", a-t-il expliqué. "Des vents de 40 noeuds (80 km/h) se sont levés avec des creux de 5 à 6 mètres. J'étais ballotté en tous sens. L'enfer pendant 36 heures, seul au milieu de cette nature déchaînée. La peur et le doute m'ont envahi. J'ai tenté de demander par téléphone l'assistance d'éventuels pêcheurs. Mais la police d'Emmonak m'a répondu que personne ne s'aventurait en mer par un temps pareil. Le kayak de Jean-Gabriel était plein d'eau glacé et il a dû se résoudre à lancer un signal de détresse aux Gardes Côtes qui sont venus le récupérer avec un hélicoptère Jayhawk. Mais le jeune aventurier a dû abandonner son kayak et tous ses effets aux lames déferlantes. La mer de Béring ne m'a pas laissé passer, mais elle ne parviendra pas à interrompre mon tour du monde à la force humaine, a-t-il assuré.

A présent, Jean-Gabriel prend un peu de repos. Il nous expliquait devoir prendre du recul sur ces derniers jours et mettre du clair dans sa tête.
